Carnet de bord – été 2026

Vivre avec les changements climatiques

C’est Charles qui reprend la plume pour cette newsletter !

La cinquième canicule commence. La nature, humains compris, est en souffrance. Comme tout le monde je suis abasourdi devant la violence des incendies et l’ampleur des dégâts engendrés par la chaleur et la sécheresse, au sein du monde agricole en particulier. Et pourtant, depuis 50 ans que je suis en veille sur les sujets liés à l’environnement, je ne suis pas surpris par ces dérèglements annoncés depuis si longtemps.

Cette situation inédite va se reproduire sous diverses formes au cours des décennies et siècles à venir, avec des intensités qui vont s’amplifier. Nous n’en sommes encore qu’aux prémices des changements climatiques… Ils vont affecter l’humanité et l’ensemble des vivants dans le temps long.

A la ferme nous nous y préparons depuis une vingtaine d’années. Dans la vallée, les 4 herbages initiaux ont été transformés en 40 parcelles entourées, pour la plupart, d’un talus, d’une haie et plantées d’arbres fruitiers, avec un accès à l’eau. Sur les 5 hectares du site, 3 000 arbres et buissons ont été plantés. Une trentaine de mares au total ont été creusées. Dans le cadre de notre programme de recherches sur l’adaptation aux changements climatiques, il est particulièrement intéressant d’observer comment cet écosystème complexe, dominé par les arbres, réagit.

Quoi de mieux pour cela que de prendre un peu de hauteur ? Les photos de drone mettent en évidence le contraste entre les herbages environnants, grillés par la sécheresse, et la ferme, qui reste globalement verte. Comme une sorte d’oasis (rappelons que la ferme était, à l’origine, un herbage identique). Notre herbe grille aussi, un peu moins vite peut être du fait de l’ombrage, mais nous nourrissons nos animaux avec du bois-fourrage. Nos cultures souffrent pour certaines, mais globalement c’est l’abondance. On nous rétorque souvent : oui, mais vous avez une rivière. Il est vrai que le ruisseau du Bec est d’une importance majeure pour nous. Il a motivé l’achat de cette propriété en 2003. Toutefois, notre terre très peu profonde et limoneuse ne tient pas l’eau, et le sous-sol pierreux est très drainant. 

Si la ferme résiste globalement plutôt mieux à la sécheresse que d’autres, cela est dû à un ensemble de facteurs. En voici les principaux.

1 – Enrichir les sols en humus et les couvrir. Un sol riche en matières organiques est une vaste éponge qui capte de grandes quantités d’eau lors des pluies. Les paillis et couverts limitent ensuite l’évaporation.

2 – La ferme-forêt. Notre vision de la ferme est qu’à terme elle soit recouverte d’une canopée d’arbres diversifiés (fruitiers, fourragers, fixateurs d’azote…), avec quelques clairières pour les légumes et céréales. Les arbres nous sauveront des catastrophes annoncées. Ils enrichissent les sols en matière organique, favorisent la circulation de l’eau dans les sols et dans l’atmosphère, ils tempèrent les écarts de température, protègent du vent qui assèche les plantes et les sols…

3 – Des paysages d’eau. Il faut stocker l’eau dans les paysages de toutes les manières possibles : dans les sols comme évoqué, mais aussi dans des mares, étangs, citernes… Je suggère toutefois d’éviter les méga bassines !

Nos formations 2027 sont en ligne !

J’ai le sentiment que nous sommes engagés dans une course contre la montre : nos actions dégradent si vite la biosphère, alors qu’il ne tient qu’à nous de contribuer à sa guérison ! Pour partager ce que nous explorons ici, nous enrichissons notre offre de formations. Pas moins de 14 cursus différents vous sont proposés l’an prochain ! 

Le catalogue est en ligne et les inscriptions ouvertes : https://www.fermedubec.com/formations/. Nos deux formations principales (complètes chaque année, ne tardez pas !) sont : Jardinier-maraîcher permaculturel et Créer un lieu d’abondance (CCP). Ces cycles de formations durent chacun 4 fois 3 jours, au fil des saisons.

Nous proposons également des formations autour de la traction animale, de l’artisanat, du pain et de la cuisine naturelle et même une introduction à l’art écologique ! Cette offre diversifiée reflète nos passions pour la terre, l’artisanat, la santé et l’art de vivre dans la beauté.

Les stages sont animés par l’équipe de la ferme et moi-même, ainsi que par de talentueuses amies proches que nous apprécions tout particulièrement pour leurs engagements et leurs passions.

Les travaux de l’été

Malgré la chaleur qui fatigue les corps, la vie de la ferme est bien dense : outre l’entretien habituel des cultures nous avons fait la moisson, les foins, les récoltes de plantes aromatiques et médicinales, du torchis, l’entretien annuel du terrain de la colline… Sans parler des programmes de recherches et des relevés naturalistes qui les accompagnent.

La ferme est ouverte tous les vendredis (de 16 à 19h) et les visiteurs sont nombreux. Lors des Portes ouvertes nous accueillons des visiteurs du monde entier, qui nous disent que dans leur pays notre ferme est une référence en matière d’agriculture bio et de permaculture : Japon, Corée, Colombie, Canada, Maroc, Pays Bas, USA, Allemagne, Danemark et bien d’autres… Des rencontres chaleureuses qui nous encouragent beaucoup. Cela fait plaisir que notre minuscule ferme, que nous portons à bout de bras depuis 23 ans, ait un tel impact.

Un nouveau livre en gestation !

Je suis engagé dans l’écriture de « L’atelier vivant. Les outils de l’autonomie », un beau et gros livre qui sera publié à l’automne 2027 chez notre partenaire Ulmer. Un an déjà que j’y travaille en compagnie d’une merveilleuse photographe, au talent et à la générosité exceptionnels : Anaïs Barrelli. Anaïs vient régulièrement à la ferme pour d’intenses shootings, auxquels sont conviés nos ami.es artisan.nes. Nous lui devons les plus belles photos qui illustrent cette newsletter. Mon ami maquettiste depuis plus de 25 ans, Philippe Laborde, fait bien sûr partie de l’aventure !

Cet ouvrage a pour objectif de porter à la connaissance du plus grand nombre les outils indispensables pour se lancer dans différents types d’artisanats qui embellissent notre quotidien et nous permettent de gagner en autonomie. Je vous tiendrai informés de son avancement ! 

Le Rapport scientifique 2025 est en ligne !

Je vous invite à découvrir le nouveau site web de la ferme (des mois de travail, bravo Lila et Mathilde !). Il est plus beau, plus fluide que le précédent.

Dans la partie Recherches, vous pourrez découvrir le Rapports scientifique 2025. Je vous invite chaleureusement à le consulter. Vous y trouverez notamment la synthèse de 10 années de recherches sur la mini forêt-jardin. Les résultats économiques de cette étude au long cours, unique en son genre, sont extrêmement encourageants. Il en est de même pour les jardins de bois, qui ont fait l’objet d’une première coupe. Sylvanières et sylvaniers, ne ratez pas ces études et partagez-les dans vos réseaux !

Les programmes de recherches

Grâce au soutien d’ami.es mécènes et à l’appui renouvelé des Moulins Bourgeois, nous pouvons poursuivre les programmes de recherches en cours (céréales jardinées, jardins de bois) et en lancer de nouveaux (la biodiversité et son effet sur la santé des cultures ; l’adaptation aux changements climatiques).

La communauté des Amis de l’Institut de la Ferme du Bec Hellouin

Depuis 2011 nous avons conduit une quinzaine de programmes de recherches à la ferme, qui ont eu un fort impact sur le monde agricole, dans de nombreux pays. Dans le contexte actuel de crise et de recul de l’écologie et de l’agriculture bio, il devient de plus en plus difficile de les financer. Nous avons décidé de créer une communauté d’ami.es motivés pour s’engager à nos côtés, en vue de porter ensemble, dans une démarche citoyenne, ces recherches si nécessaires aux générations à venir. Ce cercle d’ami.es sera régulièrement tenu informé des avancées des programmes et invité une fois par an à la ferme pour une journée d’échanges et de découvertes. Nous aspirons à créer au fil des uns un écosystème solidaire, nourri par de vrais liens entre nous. 

Pour nous rejoindre, rien de plus simple : vous pouvez effectuer un don du montant de votre choix sur la page Helloasso de notre association à but non lucratif Institut de la Ferme du Bec Hellouin. L’Institut étant reconnu d’intérêt général, votre don est déductible à 67 % de vos impôts. Pour en savoir plus, consultez la page Recherches de notre site web. 

On dit qu’en permaculture on ne fait rien seul. A l’évidence nous avons besoin de votre soutien et de votre amitié pour poursuivre ces travaux. Nous remercions du fond du cœur celles et ceux qui se sont déjà engagés, et invitons les autres à nous rejoindre. L’aventure est utile et elle est belle ! Nous ne sommes pas condamnés à détruire la planète pour nous nourrir, une agriculture naturelle reposant sur l’expertise du vivant peut contribuer à la guérison du monde.

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