Du soleil, de la douceur, du bonheur

Pour commencer cette newsletter d’Avril, j’aimerais prendre quelques lignes pour me présenter. Je suis Guillaume, 23 ans, en service civique à la ferme depuis le mois de septembre après un cursus en études d’ingénieur informatique.
À la ferme, je me suis rendu compte de certaines passions que je n’avais pas eu l’occasion de pleinement explorer jusqu’ici, notamment l’artisanat, la réparation et tout ce qu'on peut faire de ses mains. C’est en évoluant dans un contexte serein et bien entouré que l’on peut apprendre à chérir les choses qui importent vraiment. Je souhaite à toutes les personnes qui me lisent l’aubaine dont je bénéficie, de découvrir tant en si peu de temps, et de trouver, là où on ne cherchait pas, quelque chose qui ressemble à soi. Maintenant, place à la vie de la Ferme sur ce joli mois d’Avril !
D’abord, il y eut les fleurs


Pommier et Jasmin en fleurs
Les images vous transmettront bien des sentiments, mais il me revient de vous décrire la beauté des tableaux que ce début de printemps nous a présentés. Les odeurs des arbres en fleurs, des pommiers et cerisiers qui parsèment la ferme de pétales blancs s'envolant avec la brise légère de la vallée, pour finir leur course dans le ruisseau traversant la ferme. Le jasmin de la serre qui rend tout le travail du début de saison tellement plus doux, et évidemment les premiers légumes qui montrent que la générosité de la nature n'est pas que poétique, et que la terre, fidèle, a tenu sa promesse.



Puis vinrent les animaux.

Pinson des arbres dans un pommier
Chardonneret élégant dans un cerisier

Merci à Lancelot pour ces merveilleuses photos 🙂
Que serait la ferme sans tous les chants d’oiseaux qui viennent rythmer les coups de houe, sans toutes les abeilles et les bourdons pour polliniser ces innombrables fleurs, et sans les équidés, qui nous ont fait l’honneur d’être le support de la première formation en traction animale de la ferme ! Pendant 3 jours a eu lieu une introduction à ce noble et ancestral art qui gagne en pertinence à mesure que notre dépendance au pétrole se fait ressentir. Pour l'occasion, c'est Mathilde qui a répondu présente ; éperdument amoureuse du monde équestre depuis son plus jeune âge, elle a fait le voyage avec ses deux chevaux Innsæi et Levea dans un joyeux périple au travers de la vallée. Les voir galoper dans les prés fut un délice pour les yeux ; et pour Swan, dont ils ont allégé la tâche avec grâce tout au long du stage.
Elle était accompagnée de Baptiste, un formateur et éleveur spécialisé dans la traction animale, qui a fait part de toute sa maîtrise du sujet avec Swan, qu’il a lui-même dressé.



Elodie et Mathilde ramenant Innsæi et Levea / Levea et Innsæi / Baptiste faisant cours avec Swan


Michel et l’équipe de stagiaires à la houe / Charles expliquant le repiquage des tomates
Évidemment, la ferme ne serait pas ce qu'elle est sans les nombreuses paires de mains habiles qui viennent fournir leur énergie et leur curiosité à cette terre qui le leur rend bien. En avril a eu lieu la deuxième session de formation jardinier-maraîcher, et avec elle, une belle effervescence dans les rangs. Repiquage de plants, travail du sol et gestes méthodiques pour offrir à ces plantes le meilleur départ possible.


Le charmant buffet de Justine pour la formation
En accueillant une cinquantaine de collégiens à la ferme pour une sortie scolaire naturelle, Rose et Lancelot ont animé des ateliers autour de l’identification des plantes et des animaux, tout en sensibilisant aux enjeux de préservation de cet environnement si fragile.


Rose et Lancelot animant les ateliers sur la nature
Apprendre à lire la ferme.
Le printemps n'est pas venu seul. Avec lui, nous avons lancé notre nouveau programme de recherche "Biodiversité, santé des cultures et adaptation aux changements climatiques" ; et avec lui, une façon nouvelle d'écouter ce que la ferme a à dire.
Les premiers relevés sont désormais en cours. Les oiseaux dès fin mars ; puis ce mois-ci, un inventaire plus minutieux encore : vers de terre, carabes, staphylins, coccinelles, parasitoïdes, araignées et chauves-souris. Les résultats témoignent déjà de la richesse des différents milieux de la ferme.
Ces inventaires ont pour vocation d'étudier l'évolution de la biodiversité ; et plus particulièrement le rôle des auxiliaires de cultures dans la régulation des bio-ravageurs, afin de mieux comprendre leur lien avec la santé de nos cultures. Pour en savoir plus sur le projet :
Le rapport scientifique de notre Institut, présentant les résultats de nos études en 2025, sera publié sous peu.
Un grand merci à Anaé, stagiaire pendant 2 mois, qui a porté le lancement de ces relevés avec beaucoup de soin. Merci également à Zéphir, lycéen passionné d'entomologie, venu prêter main forte pour l'identification des coccinelles. Et nous étions ravis d'accueillir pour l'occasion l'Association Normande d'Entomologie.


L’équipe entomologiste et leurs filets à papillons / Anaé fascinée par les petites bêtes
Nous avançons en autonomie au maximum dans la réalisation des relevés, mais avons besoin de soutien plus que jamais pour développer ce programme ambitieux avec l’aide d’experts naturalistes et scientifiques. Nous souhaiterions outiller concrètement les agriculteurs pour produire durablement sans intrants chimiques, et développer cette recherche en réseau. N’hésitez pas à diffuser autour de vous, ce projet pourrait constituer une belle avancée pour le monde agricole !
Ce que nos mains ont fait



Le stand d’outils / Une entrevue de l’extension
La boutique est bien plus qu'un point de vente ; c'est un endroit où l'on pose des idées, sous forme de livres, de produits de la ferme, de conserves et d'objets façonnés à la main. Cet hiver, nous avons mis les nôtres à l'ouvrage pour lui offrir un peu plus d'espace, en réaménageant la réserve en extension.
Le résultat : un lieu agrandi, et une sélection qui s'est enrichie. Aux côtés des habituels trésors de la ferme sont venus s'ajouter des outils de jardinage japonais, ainsi qu'une gamme d'outils en cuivre venus d'Allemagne ; des objets beaux, durables, qui ont quelque chose à dire sur la façon dont on peut prendre soin de la terre.
La boutique accueillera également, désormais, les ventes de fruits et légumes du vendredi soir. On a hâte de vous y retrouver.
Pour finir, un mot plus personnel. J'ai passé la quasi-totalité de ma vie en zone urbaine et péri-urbaine, dans des maisons pavillonnaires où le jardin prend autant de place que le bâti. Dans ce contexte, ma mère, qui n'avait pas énormément de moyens, a tout de même consacré une part majoritaire de notre jardin à faire pousser des légumes, planter des arbres fruitiers, récupérer l'eau de pluie et stocker du bois pour l'hiver.
Ce n'est qu'aujourd'hui que je réalise qu'elle maintenait, tant bien que mal, un héritage de vie paysanne dans un contexte où le béton est majoritaire. Sans le formuler ainsi, elle résistait.
Alors je voudrais vous inviter à faire de même, à votre échelle et à votre façon. Si vous avez un balcon, mettez-y quelque chose qui pousse. Si vous avez accès à de la terre, prenez-en soin. Et si vous n'avez ni l'un ni l'autre, gardez au moins vivante en vous la conscience que cette terre existe et qu'elle vous attend.

Vente tous les vendredis de 16h à 18h. Prochaines journées portes ouvertes : 4 avril, 25 avril, 13 et 27 juin, 12 et 24 juillet, 2 et 28 août, 12 septembre, 3 octobre. Pour découvrir le programme des portes ouvertes et des formations, rendez-vous sur notre site www.fermedubec.com
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