Carnet de bord – Janvier 2026

Une bulle de soutien et de gentillesse

Carnet de bord de la ferme

En ces temps troubles, tout ce qui est précieux dans mon quotidien prend un autre sens. Se retrouver chaque matin avec cette équipe de la ferme que je chéris tant, travailler dans les jardins ou au bureau pour faire perdurer ce lieu, les repas partagés dans la bonne humeur, les gentils messages que vous nous envoyez… Toute cette douceur me parait si précieuse. Pouvoir passer ses journées entourées de chiens qui jouent, voir les arbres que mon père a plantés s’épanouir et se nourrir de ce que nous produisons sont autant de moments qui comptent. Quand la violence se déchaîne si fort dans notre société, nous essayons d’autant plus fort de créer une bulle de soutien et de gentillesse.

« Risquer sa vie est l’une des plus belles expressions de notre langue. Est-ce nécessairement affronter la mort et survivre ? Ou bien y a-t-il, logé dans la vie même, un dispositif secret, une musique à elle seule capable de déplacer l’existence sur cette ligne de front qu’on appelle désir ? » Anne Dufourmantelle, Éloge du risque Rivages Poche, 2021

De l’importance de célébrer ensemble

Le 31, nous avons fait une grande fête dans l’écocentre, un nouvel an mémorable avec notre communauté de la vallée. Partir à l’aventure entre ami·es, faire jaillir les surprises et se sentir soudés. La ferme est aussi un lieu de retrouvailles, de réjouissances et de communion. Les microfermes se prêtent aux réunions. C’est une de mes grandes joies !

« Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. A la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui font une joie, la joie. » Camus, lettre à René Char

L’année a débuté avec une impossibilité de se retrouver en équipe. Ces retrouvailles repoussées par les intempéries n’ont été que plus fortes. Nous avions hâte de pouvoir travailler physiquement ensemble. Ma chienne Goumi a vu la neige pour la première fois et elle était ravie ! J’aime beaucoup les pas qui se feutrent en marchant dans la neige, le calme et la luminosité puissante reflétée dans le blanc. Nous avons profité de ce temps pour avancer sur nos livres avec Charles.

Se former à la vie paysanne

Nous préparons assidûment nos nouvelles formations. Elles seront animées par certains de nos proches, des personnes talentueuses avec des savoir-faire d’exception, en qui nous avons pleinement confiance. Faire son pain au levain, travailler la terre avec un cheval, se former à la cueillette de plantes sauvages, cuisiner son jardin, construire une charpente paysanne, faire ses objets en bois : autant de savoirs indispensables au mode de vie lié à une microferme.

Les travaux d’hiver dans les jardins

Entre les couches chaudes et la taille des arbres fruitiers, la vie des jardins bat son plein même en hiver. Il y a plus de 3 000 arbres à tailler sur la ferme (beaucoup dans le paysage de résilience) !

TUTO : Couches chaudes ou matelas de luxe pour les semis

En janvier, sous la serre, vous pouvez vous aider de la chaleur dégagée par le fumier en faisant des couches chaudes, pour que les semis lèvent plus rapidement et pour réchauffer l’atmosphère. On utilise généralement du fumier frais pour faire un joli tas d’une hauteur comprise entre 40 et 70 cm et d’au moins 1 m3 en volume. Plus le tas est gros, plus la chauffe sera longue. Si le fumier est sec, arrosez lorsque vous montez peu à peu le tas, tassez légèrement. En deux ou trois jours, la couche atteindra 50 degrés, puis la chaleur descendra. Au bout de 5 semaines, vous pourrez alors la recharger. Cette technique a été popuilarisée par le fameux La Quintinie, créateur du potager du Roi de Versailles !

Journée parisienne autour du maraîchage sur petites surfaces

Avec Rose, nous sommes allées parler des études scientifiques conduites au Bec Hellouin lors d’un colloque à la Ferme de Saint-Denis. C’était émouvant de se retrouver dans cette ferme des jardiniers maraîchers-parisiens qui nous ont tant inspiré !

Mathilde, notre experte traction animale, est quant à elle allée en Isère à la réunion annuelle organisée par Prommata.

Visites artisan·nes Martin et Blandine

Notre terre d’accueil a reçu la visite de Martin Claudel, un taillandier d’exception qui forge des outils et couteaux, et de Blandine Barthélémy, sculptrice de bois à la hache qui co-animera le stage autour du bois avec Charles. De grandes sources d’inspiration, surtout que Guillaume et Victor de l’équipe sont aussi amateurs de sculpture de cuillères…

Conférence de Charles au musée des Boucles de la Seine

Pour une conférence autour des jardins de bois, le 6 février. Gratuit sur inscription (pnr-seine-normandie.com).

Je vous souhaite paix et amour <3

Réouverture des ventes à la ferme le 27 mars. Vente tous les vendredis de 16h à 19h. Prochaines journées portes ouvertes : 4 avril, 25 avril, 13 et 27 juin, 12 et 24 juillet, 2 et 28 août, 12 septembre, 3 octobre. Pour découvrir le programme des portes ouvertes et des formations, rendez-vous sur notre site www.fermedubec.com

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