Le choix de l’Agriculture Biologique est pour nous essentiel. Notre conviction est que ce mode d’agriculture peut (et doit, à moyen terme), nourrir l’humanité. Nous désirons faire ce que nous pouvons, à notre modeste niveau, pour faire connaître ses techniques, conscients des répercussions de nos choix à l’échelle de la planète. Ce lien entre le local et le global nous parle très fort, et souvent nous nous interrogeons : «Comment diminuer notre empreinte écologique ? Comment mettre nos vies en cohérence avec nos aspirations ?»

Notre vision de l’être humain est globale et nous essayons de ne pas dissocier ses différentes dimensions : le corps, la sphère affective et émotionnelle, l’intellect, le spirituel… Le corps est le support physique de notre vie ; pour que notre être soit harmonieux, nous devons en prendre soin, le maintenir en aussi bonne santé que possible… et la base de la santé, c’est l’alimentation ! Nous sommes ce que nous mangeons ! Voilà pourquoi proposer à nos clients des aliments sains, exempts de toute pollution, produits avec respect et – osons le dire, avec amour – est pour nous un acte essentiel, sacré.

Nous oublions les choses les plus simples et les plus importantes : bien respirer, se nourrir correctement… Les fruits et légumes que nous produisons sont sources de vitamines et d’éléments vitaux importants, riches souvent de principes médicinaux… Ce sont des alicaments !

 

 

La fonction d’une ferme est de produire des aliments, de la meilleure qualité possible, mais pourquoi se limiter à cela ? Une ferme c’est aussi, pour nombre d’entre nous, un rêve d’enfant. La nôtre est le fruit de l’alliance nouée entre notre famille et le bout de terre que nous travaillons de nos mains. Nous nous sentons les gardiens de ce morceau de vallée qui nous est confié pour un temps, et travaillons dur pour qu’il devienne un lieu de beauté et d’harmonie, afin que tous les sens soient nourris. Un lieu d’épanouissement où les animaux, et même les plantes, doivent être aussi heureux que possible ! S’ils le sont, nul doute que les humains qui s’en nourrissent seront en meilleure santé ! Nous avons également la conviction qu’une ferme – une vraie ferme «paysanne», au sens noble du terme – peut devenir un lieu privilégié d’apaisement, de connexion à l’essentiel, de spiritualité même car le travail de la terre est éminemment sacré. Pour nous, vivre dans une vallée où des hommes prient depuis mille ans, entourés de deux communautés religieuses, a beaucoup de sens. Nous pensons souvent aux moines qui ont travaillé cette terre avant nous.

Ces lignes pourront sembler trop idylliques… Elles décrivent notre idéal clairement énoncé dès le début de l’aventure. Les choses se sont mises en place au fil des ans. Au quotidien, créer une ferme bio est une aventure sacrément difficile : le travail est énorme, la dimension économique pas évidente du tout à gérer lorsque l’on privilégie la qualité à la quantité… Cette aventure exigeante est un investissement de toute la famille, elle demande beaucoup, mais donne plus encore. Nous sommes confiants, et la meilleure de nos récompenses, ce sont les sourires qui éclairent les visages de nos visiteurs !

Nous pensons que la permaculture peut être le «nouveau logiciel» qui nous permettrait de transformer notre rapport à la Terre. La vision de la permaculture propose de remettre les arbres au cœur du système. Nous sommes persuadés que les arbres sauveront la planète. Nous pouvons créer autour de nos maisons, de nos villes et villages, des paysages comestibles fondés sur les arbres fruitiers et les plantes pérennes et faire évoluer notre alimentation en consommant moins de produits animaux, moins de céréales et davantage de fruits, notamment des fruits à coque. Ces paysages comestibles ressembleraient, toutes proportions gardées et adaptations effectuées, aux forêts jardinées et aux jardins clairières des régions tropicales. Les surfaces cultivées en céréales ou consacrées à l’élevage pourraient être menées en agroforesterie. Ces nouveaux usages de l’espace agricole auraient pour mérite de produire durablement des aliments de qualité, meilleurs pour notre santé que notre régime alimentaire actuel, tout en nécessitant peu ou pas de pétrole et d’intrants pour prospérer. Le potentiel des forêts cultivées, sous nos latitudes, reste largement à explorer du fait justement que depuis le Néolithique notre système agraire repose sur l’option inverse. Depuis dix mille ans nous sommes passés progressivement de la forêt à la steppe, faisons le chemin inverse ! Une agriculture davantage fondée sur les arbres et sur un sol vivant est bonne pour les Hommes comme pour la Terre, génère sa fertilité, produit des éco-matériaux de construction, de la biomasse et du bois de chauffage, et guérit le climat en stockant du carbone dans les sols et les arbres.

Le changement de nos modes de production alimentaire pourrait contribuer à la nécessaire mutation de notre civilisation, la faisant passer d’une société énergivore et mondialisée, prédatrice et conquérante, fondée sur l’accumulation des richesses de la planète entre les mains d’une minorité, à une société solidaire, sobre, économe en énergie comme en ressources, mais assurant durablement à chacun les biens essentiels. Une économie fondée sur le sol est réelle et solide, à l’inverse de l’économie boursière actuelle, purement virtuelle.

 

 

Oui, il y a un lien entre la Terre et le bonheur des Hommes. A notre niveau, l’un des bonheurs de notre vie de paysan est de sentir que ce métier, pratiqué sur un petit lopin de terre au fond d’une vallée normande, nous relie au Tout. «Think globally, act locally» recommandait Schumacher. «Faire partie de la solution plutôt que du problème», suggère Patrick Whitefield. Produire naturellement des aliments de qualité a un impact sur la santé, sur l’emploi, les paysages, la sécurité alimentaire, l’autonomie énergétique, la faim dans les pays du Sud, le réchauffement climatique… et sur le bien-être de ceux qui nous entourent. Trouver un sens à ce que l’on fait justifie bien quelques efforts !

Si vous avez un projet de création de ferme selon les principes de la permaculture, vous trouverez quelques conseils dans la Foire aux Questions pour porteurs de projet.