La méthode de la Ferme du Bec Hellouin pour les jardiniers

Concevoir et entretenir un jardin vivrier naturel

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin est développée à la Ferme du Bec Hellouin. Cette méthode est à
l'origine conçue pour le maraîchage biologique. L'adaptation suivante est destinée à
tous celles et ceux qui désirent créer et entretenir un jardin vivrier naturel et productif,
dans un cadre familial ou associatif.

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin cherche avant tout à répondre à cette interrogation : comment nourrir
l'humanité sans détruire la planète ?
La réponse à cette question dépend en partie de chacun de
nous !

Cette méthode est une synthèse des concepts de la permaculture et de l'agroécologie, des travaux
de pionniers comme le japonais Masanobu Fukuoka, les américains John Jeavons et Eliot Coleman
et des expériences menées à la Ferme du Bec Hellouin. Elle est en cours d'élaboration et évoluera
certainement en fonction des données recueillies dans le cadre de l'étude menée actuellement à la
Ferme du Bec Hellouin, en partenariat avec l'INRA et AgroParisTech (cf. www.fermedubec.com).
Les éléments suivants constituent simplement une évocation des grandes lignes de sa forme actuelle.

Cette méthode est libre, chacun peut s'en inspirer si elle correspond à ses aspirations, en l'adaptant à
ses objectifs et à son contexte.

1 - L'éthique :

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin repose sur les fondements éthiques de la permaculture :

  • Prendre soin de la Terre.
  • Prendre soin des hommes.
  • Partager équitablement les ressources et les récoltes.

Elle cherche à explorer une manière d'habiter la Terre qui soit à la fois douce pour la nature et pour les
hommes. Les besoins des êtres humains et leur bien-être sont pris en considération, comme ceux des
plantes, des animaux et de la planète. Elle s'inscrit dans le long terme et se veut pleinement adaptée à
l'ère post-carbone.

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin travaille dans le sens de la vie, et non contre elle.

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin n'est pas une règle rigide, d'autant plus qu'elle n'en est qu'aux premiers
stades de son élaboration. Chaque jardinier, chaque jardinière, riche de ses aspirations, de ses
préférences et compétences, pourra adapter cette méthode à ses choix, à la taille de son jardin et à son
contexte pédo-climatique et social.

2 - Le jardinier, la jardinière :

La méthode de la Ferme du Bec Hellouine est née d'une longue observation des rapports entre l'homme et la nature au
sein de différentes civilisations, particulièrement des peuples premiers. Avant d'être un ensemble
de choix techniques, elle est un positionnement. Le jardinier se perçoit comme faisant partie de la
nature et relié à tout ce qui la constitue. Il ne désire pas contrôler la nature, mais assister les forces
de vie à l'œuvre dans la biosphère depuis des centaines de millions d'années. Il sait qu'il ne fait pas
pousser les plantes : tout le programme de vie d'une plante est contenu dans la graine. Par son travail,
le jardinier cherche simplement à favoriser son épanouissement. Pour cela, il lui faut entrer dans
une « intelligence de la nature », une compréhension et une connivence profondes avec elle, ce qui
nécessite, à notre époque, un véritable apprentissage.

Le jardinier essaye de faire le meilleur usage des éléments naturels : soleil, eau de pluie, azote et
carbone atmosphériques, éléments minéraux de la roche mère… Il cherche à mettre à profit les
fonctions remplies naturellement et gratuitement par les écosystèmes (auxiliaires utiles, fourniture de
matière organique, mise à disposition d'éléments minéraux par les arbres…), plutôt que d'artificialiser
la nature et devoir ensuite compenser par des intrants ou du travail. Il va donc essayer de créer une
oasis de vie féconde et durable qui produira une nourriture de qualité et bien davantage : de la beauté,
une reconnexion à la nature, du lien social. Chaque jardinier participe ainsi, à sa mesure, à la guérison
de la planète. Il contribue à l'équilibre du monde.

3 – Le jardin :

Il est conçu comme un petit écosystème diversifié et autonome, selon les concepts de l'agroécologie
et de la permaculture. Il comporte idéalement, si sa taille le permet, différents milieux : cultures
légumières, arbres fruitiers, forêt-jardin, haies fruitières, mare, petit élevage ou basse-cour, ruches...

A surface égale, un jardin cultivé suivant la méthode de la Ferme du Bec Hellouin pourra offrir une diversité de productions plus grande qu'un
potager classique, une meilleure autonomie en matière organique, une diversité accrue ainsi qu'un
cadre de vie probablement plus agréable.

4 - Le rapport au temps :

Une démarche de jardinage naturel ne s'inscrit pas dans le même rapport au temps que l'approche
productiviste. Elle n'est pas dans une logique de court terme, mais de moyen et long terme. Elle ne
cherche pas à maximiser les récoltes sur l'année, mais à créer un agroécosystème qui deviendra de
plus en plus fertile, diversifié, résilient et productif au fil des ans. En conséquence, le jardinier ne
cherchera pas forcément à corriger un déséquilibre (ravageur…), pour éviter d'en générer un autre par
effet rebond, et préfèrera souvent laisser l'équilibre s'instaurer naturellement (apparition du prédateur
du ravageur…).

5 - Diversification :

Il est toujours tentant de diversifier les productions du jardin. Des activités diversifiées apportent une
plus grande autonomie et souvent davantage de satisfactions. Mais il faut veiller à trouver la diversité
optimale (on ne peut pas tout faire, ni tout faire très bien…), et à ne pas aller trop vite. Chaque
nouvelle production génère des contraintes (matérielles, réglementaires, gestion du temps…), des
investissements et nécessite des compétences. La dispersion est source de fatigue et de stress. Pour
que le plaisir reste au rendez-vous, mieux vaut donc aller progressivement vers la diversification et
introduire une nouvelle activité uniquement lorsque la précédente est bien maîtrisée.

6 - Les arbres :

Planter un grand nombre d'arbres fruitiers (y compris des fruits à coque si l'on a la place) est d'un
intérêt majeur. Les arbres sauveront la planète ! Ils stockent du carbone, créent un microclimat
et remplissent de nombreuses fonctions écologiques tout en donnant des récoltes savoureuses et
excellentes pour la santé. Ils ne nécessitent que relativement peu de soins, d'intrants et d'énergie une
fois implantés. Ils sont un facteur d'équilibre pour les humains et pour l'ensemble de la biosphère.

Idéalement un jardin cultivé selon la méthode de la Ferme du Bec Hellouin comptera un grand nombre d'arbres fruitiers (haies fruitières, forêt-
jardin, jardinage pratiqué en agroforesterie…).

A chaque fois que possible le jardinier implantera des systèmes étagés (sur et sous le sol), en associant
par exemple des arbres fruitiers, des fruits rouges ou d'autres plantes hautes et des légumes. De tels
systèmes sont plus complexes à installer et nécessitent une bonne gestion de la lumière et de l'eau,
mais offrent de grands avantages en termes de biodiversité, de productivité et d'agrément.

7 – La biodiversité :

La biodiversité – sauvage ou cultivée – sera favorisée au sein du jardin, qui deviendra au fil des ans
un refuge pour de nombreuses formes de vie. Un espace « sauvage » sera réservé, aussi petit soit-il.
La biodiversité remplit diverses fonctions écologiques, rend le système plus résilient face aux aléas
climatiques et participe à la sauvegarde du patrimoine naturel mondial.

La biodiversité est aussi une source d'équilibre et de joie pour les humains – comment décrire le
bonheur que représentent les visites des martins-pêcheurs dans la mare, l'apparition des écrevisses,
des hérissons, des couleuvres et des crapauds, des carabes ? Sans parler de l'intérêt pour la santé de
consommer des plantes sauvages, riches en nutriments et en propriétés médicinales bien souvent !

8 – Les microclimats :

La conception du jardin selon cette méthode accorde une grande importance à la création de microclimats
bénéfiques aux cultures. La plupart des légumes apprécient la chaleur (qui peut être augmentée par
la présence d'un plan d'eau côté sud du jardin, qui renverra des rayons solaires indirects vers les
cultures), ils aiment être abrités du vent (par exemple par une forêt jardin implantée du côté des vents
dominants). Un ombrage partiel en été peut être bénéfique (agroforesterie).

Le mode de culture sur buttes favorise également la création d'un microclimat bénéfique, frais
et humide, sur les 5 premiers centimètres au-dessus et au-dessous de la surface du sol, créant des
conditions idéales pour la croissance des plantes.

9 - La surface cultivée :

La culture légumière pratiquée sur buttes permanentes autorise une production abondante sur une
surface cultivée très petite, à condition qu'elle soit très intensément soignée. Quelques dizaines de
mètres carrés peuvent nourrir une famille. Il est difficile de donner des ratios précis car l'état de
fertilité du sol, les compétences du jardinier, la présence ou non d'une petite serre, la volonté de
pratiquer plusieurs rotations chaque année, ou au contraire le choix de ne cultiver qu'à la belle saison,
influent fortement sur le volume de la production.

Densifier les cultures maraîchères sur une toute petite surface présente des avantages : un jardin
productif peut être créé sur une surface restreinte (en milieu urbain par exemple), ou bien, à surface
égale, de l'espace est libéré pour d'autres usages (voir paragraphe 3 : le jardin).

10 – L'intensité des soins :

L'une des principales caractéristiques de cette méthode est la place centrale donnée à la main
humaine, plutôt qu'à la machine. Un jardinier ou une jardinière expérimentés, sur un sol vivant et
fertile, peuvent produire des quantités de légumes réellement importantes, avec peu de frais car cette
approche ne nécessite pas de mécanisation et très peu d'intrants, voire aucun une fois le système
implanté.

Le lien entre travail manuel et petite taille s'impose comme l'une des clés du succès de cette approche.
Cette combinaison offre des possibilités intéressantes : créer un sol d'un très haut niveau de fertilité,
cultiver un grand nombre d'espèces…

Le jardinier s'appropriant la méthode de la Ferme du Bec Hellouin devra lutter contre la tendance à mettre en culture
des surfaces trop importantes qu'il ne pourra pas soigner intensément à la main. Il est toujours tentant
de voir grand, mais c'est probablement la principale erreur que l'on puisse faire en se lançant dans la
création d'un jardin naturel, susceptible de transformer la belle aventure en un cauchemar de soucis et
de stress !

11 – Les énergies :

Le soleil est la source presque exclusive d'énergie du jardin. Grâce à la photosynthèse réalisée par les
plantes, les fruits et légumes peuvent être considérés comme des concentrés d'énergie solaire, stockée,
transportable... Le travail de l'homme, la création de biomasse, le recours aux auxiliaires naturels, des
grenouilles pour manger des limaces par exemple, sont des formes diverses d'utilisation de l'énergie
solaire.

Le recours aux énergies fossiles n'est pas complètement exclu et dépend du positionnement de chacun.
Lors de la phase initiale de création du jardin, il peut être judicieux de faire appel à un prestataire ou
un voisin agriculteur pour créer mares et talus, creuser les trous de plantation des arbres, apporter
des quantités importantes de fumier... Ensuite, l'outillage utilisé est entièrement manuel. Un petit
motoculteur facilite la création des buttes en ameublissant le sol avant le pelletage manuel, il peut être
emprunté ou loué. Selon la taille du jardin et les capacités physiques de ceux qui l'entretiennent, un
broyeur, une tondeuse, une tronçonneuse peuvent être nécessaires. Il existe cependant des alternatives,
nos ancêtres faisaient sans, et retrouver des savoir-faire oubliés comme le fauchage est une aventure
passionnante. Des outils de qualité maniés par une main experte peuvent faire des merveilles !

12 - Les sols :

La fécondité du jardin de la Ferme du Bec Hellouin repose à l'évidence sur la qualité des sols. Ils doivent être l'objet
de tous les soins. Le bon niveau de santé des sols détermine toute l'activité du jardin. Ils doivent
progressivement devenir aussi vivants et naturels que possible, fertilisés de manière adaptée, travaillés
avec respect, le travail mécanique étant exclu. La culture sur buttes permanentes répond à ces
objectifs.

Les soins prodigués à la terre peuvent être divisés en deux phases :

  • La première phase va être consacrée à la création du sol. Il est rarement d'emblée de qualité
    optimale. Pendant un laps de temps à déterminer, dépendant de l'état initial des sols et des
    moyens mis en oeuvre, le jardinier va s'attacher à augmenter la teneur en matière organique,
    corriger le PH si nécessaire, améliorer la structure, combler les manques éventuels en
    éléments nutritifs, dynamiser la vie… L'un des moyens utilisés peut être un apport massif de
    fumier bien décomposé ou de compost, jusqu'à 1000 tonnes à l'hectare, lors de la création des
    buttes, ce qui permet un vrai bond en avant. Ce processus de création du sol est facilité par
    l'espace restreint et bien circonscrit des buttes.
  • Dans un second temps, lorsque les analyses confirment que le sol est fertile, équilibré
    et vivant, on rentre dans une phase d'entretien – même si la fertilité, bien gérée, devrait
    s'améliorer naturellement d'année en année. Les apports de compost sont nécessaires s'il
    faut soutenir une production élevée (plusieurs rotations par an). La fertilisation est abordée
    différemment selon le type de butte.
  • Le paysan prêtera une attention particulière à la vie du sol : vers, micro-organismes efficaces
    (EM), mycorhizes…

13 - Compost :

Le compostage est particulièrement soigné. L'apport de compost, en dose d'entretien sur un sol
fertile produisant intensément, peut être située autour de 2,5 kg/m2 entre chaque culture (à adapter
évidemment selon les besoins spécifiques des cultures). Le compostage peut être partiellement réalisé
en place, sur les buttes rondes et même dans les allées, par une gestion attentive des mulchs.

Une petite surface intensément cultivée, nous l'avons vu, peut permettre de libérer de l'espace pour
associer éventuellement un petit élevage aux cultures (pré-verger et haies fruitières pour une pâture de
moutons, un âne ou un poney, une basse cour…), de manière à optimiser l'autonomie du jardin, qui
devient une sorte de micro-ferme familiale, en matières organiques compostables.

14 – Les buttes de culture :

Le jardinage peut être pratiqué sur un, deux ou trois types de buttes de culture :

  • Des buttes arrondies, ne nécessitant que peu de travail une fois mises en place.
    Elles sont généralement paillées et le compostage en place des mulchs, à condition
    qu'ils soient diversifiés et équilibrés, peut constituer une fertilisation suffisante (à
    adapter de manière fine selon les exigences des cultures). Ces buttes arrondies sont
    particulièrement bien adaptées aux repiquages de jeunes plants démarrés sous abri.
  • Des planches plates, de 80 cm de large, non mulchées, qui servent le plus souvent
    aux semis en place, réalisés à l'aide de semoirs multi-rangs de précision à 4 ou 6
    rangs (modèles amateur ou professionnel, permettant de semer 12 rangs de petits
    légumes par butte). Ces planches nécessitent davantage d'interventions : passage à la
    grelinette entre chaque culture, travail du sol sur les 5 premiers centimètres et apport
    de compost. Elles sont plutôt destinées aux jardiniers désirant produire des quantités
    importantes de légumes, en complément des buttes rondes.
  • Des buttes arrondies bâchées à l'aide de toile tissée (fabriquée à partir de pétrole,
    mais dont l'usage se justifie par une durée de vie longue, dix ans ou plus). Ces buttes
    ne nécessitent pratiquement pas d'entretien une fois mises en place, et offrent des
    récoltes tout en libérant du temps au jardinier. Elles sont bien adaptées pour des
    cultures de grandes plantes vivaces comme la rhubarbe, l'artichaut et les fruits rouges.
    Ces buttes peuvent prendre place entre des arbres fruitiers. Elles peuvent aussi servir
    pour des cultures d'annuelles comme la tomate, le concombre, sous abri ou en plein
    air, et être débâchées le reste de l'année pour des cultures complémentaires.

15 - Polyculture :

Les associations de culture (de 2 à 4 légumes cultivés simultanément) sont pratiquées à chaque
fois que possible. La polyculture est facilitée par le travail réalisé à la main.

Il faut toutefois veiller à ne pas trop mélanger les plantes sur une même butte, car trop de
complexité augmente le temps de récolte et peut rendre le système difficile à gérer. La polyculture
peut être réalisée à l'échelle du jardin, de butte en butte, ce qui impose de garder une trace écrite
des successions de cultures pour une bonne gestion des rotations.

16 - Arrosage :

La forte teneur des sols en matière organique, les paillages, la densité des cultures retiennent l'eau
et limitent l'évaporation. Les besoins en arrosage sont réduits.

17 - Adventices :

Le non travail du sol, les paillages et l'intensité des soins diminuent considérablement le
désherbage.

18 - Surface couverte :

Si la ferme doit produire toute l'année, une serre peut s'avérer indispensable. A défaut ou en
complément, des chassis. Les anciens se nourrissaient toute l'année sur leur potager et avaient
développé des techniques adaptées. Les cultures d'automne, d'hiver et de printemps sont
passionnantes à mener, quoi que plus complexes.

L'usage de voiles de forçage, de cloches, de couches chaudes, peut permettre également
d'allonger la saison de culture.

19 - Semences :

Idéalement, une partie au moins des semences est produite sur le jardin.

20 - Qualité de vie :

« Le plaisir est aussi une récolte », écrivait Bill Molisson, l'un des fondateurs de la permaculture.
Au cœur de votre jardin, nul doute que vous ferez d'abondantes récoltes de plaisirs simples,
gratuits et étonnamment intenses. De tous temps les jardins ont été des lieux heureux et Bill
écrivait aussi : « Vous direz peut être que nous cherchons à recréer le jardin d'Eden… Et
pourquoi pas ?
»

Nés sous de tels auspices, les jardins naturels peuvent à l'évidence remplir plusieurs fonctions, en
sus de leur fonction nourricière. Si leurs gardiens le souhaitent, ils peuvent devenir des lieux de
pédagogie, d'éducation à l'environnement et à la santé, de reconnexion des humains à la nature, y
compris à leur nature profonde, tout en étant créateurs de lien social et de sens.

Nos jardins nous rappellent que nous sommes ce que nous mangeons : la nourriture soutient
notre vie. Nos cellules sont formés de ce que dont nous nourrissons et l'acte même de manger
est intime, sacré. Cultivés avec respect et amour, savoureux et débordants de vitalité, les fruits et
légumes de nos jardins n'ont absolument rien à voir avec les produits insipides, voire malsains,
des supermarchés. Ils nous invitent à nous mettre à l'écoute de nos besoins essentiels, de nos
corps, de nos sens.

Du jardin à la table, il y a une continuité logique. Les sages orientaux disent que les fruits et
légumes cuisinés avec empathie sont chargés d'une qualité énergétique supérieure. Cuisiner
pour soi-même, pour sa famille, ses amis, les fruits de la nature et de notre travail est un acte
profondément gratifiant, un don, l'un des plus précieux.

Cultiver son jardin peut devenir le fondement d'un art de vivre, un chemin vers l'harmonie. Les
Japonais en ont même fait une voie spirituelle, la « voie des fleurs et des oiseaux » !
Chaque jardinier peut contribuer à sa manière à réconcilier les hommes et la biosphère.

En conclusion, l'objectif de la méthode de la Ferme du Bec Helouine est d'intégrer de nombreuses pratiques
bénéfiques, en vue de créer des jardins fonctionnant autant que possible comme des écosystèmes
naturels et produisant une nourriture de qualité en abondance.

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin puise à la fois dans le très riche vivier de la tradition et dans les avancées
scientifiques et techniques contemporaines. Elle est une synthèse en mouvement de différentes
sources, et chacun peut contribuer à l'enrichir. N'hésitez pas à vous lancer dans l'aventure, elle en
vaut la peine !

Lorsque nous sommes dans nos jardins, nous ne donnerions pas notre place pour un empire. Nous
vous souhaitons autant de bonheur !

Charles et Perrine HERVE-GRUYER

La méthode de la Ferme du Bec Hellouin est enseignée dans les formations se déroulant à la Ferme du Bec Hellouin.